Si c’est un Homme…

Auschwitz. Ce lieu est peut-être le seul au monde qui ait autant d’impact à l’oreille des gens. Difficile d’en parler. L’expérience est terrible. Elle vous prend aux tripes. Je ne comprends toujours pas comment l’Homme, même nazi, ait pu en arriver à un tel degré de violence et de cruauté envers d’autres Hommes. Qu’un seul homme nommé Hitler puisse arriver à un tel degré de folie, peut-être… Mais que toute une armée puissent obéir simplement à ses ordres ?

Les mots de Primo Levi résonnent encore dans ma tête : “Warum ?” demandais-je dans mon allemand hésitant.”Hier ist kein warum” (ici, il n’y a pas de pourquoi)”. Je crois que la réponse est toujours la même aujourd’hui.

J’ai passé plus de 7h dans les camps de la mort, entre Auschwitz et Birkenau (Auschwitz II). Pas assez pour comprendre, mais déjà trop pour un Homme.

Krakow sous la pluie

CIMG0428Krakow est l’ancienne capitale de Pologne et est encore considérée par beaucoup comme la plus belle ville du pays. Et c’est bien légitime ! Ici, pas de buildings imposant au cœur de la ville mais une immense place médiévale de 200 m par 200 m de côtés. La plus grande d’Europe. En son centre siège “Sukiennice”, ancienne halle aux draps reconvertie aujourd’hui en halle commerçante. Celle-ci est entourée de l’Église Notre Dame (ou Basilique Sainte Marie), de l’Église St Adalbert (et non Aldebert, attention) et de la Tour de l’Hôtel de Ville. Les pourtours de la place sont bordés de commerces et de terrasses de bars et  restaurants surmontés d’appartements. Plus loin, dans un dédale de petites ruelles, des églises, bien sur,  et un château qui domine la Vistule, la rivière locale.

Mon auberge de jeunesse se trouve dans l’une des petites ruelles, à à peine dix minutes à pieds de la gare. J’ai pris mes précautions et ne me ferai pas avoir une seconde fois. Une jolie  polonaise m’y accueille dans un français presque parfait. “Bonjour, ça va bien ? Est-ce que tu viens à Krakow pour le concert de samedi ?” Le concert de samedi ? Euh non pas vraiment mais c’est plutôt une bonne nouvelle. Lenny Kravitz donne un concert gratuit, dans le cadre d’un festival, sur les bords de la Vistule. Ça méritera surement d’aller y jeter un œil. Lire la suite / Read more…

Carrément à l’Est

Il est 3h40 du matin. Les bip bip de ma montre me réveillent. Ce n’est pas pour moi, ni même pour une éventuelle polonaise qui dormirait à mes côtés. C’est pour Alan, le bagpacker chino-londonien allongé sur les sièges faces à moi. Nous sommes le 17 juin, dans l’un des compartiments de la ligne Berlin-Varsovie. Alan a un changement dans quelques minutes pour Gdansk, au Nord de la Pologne.

Il fait presque jour dehors. Y-a-il un décalage horaire ici ? Mal réveillé, j’interroge mon voisin avant qu’il ne descende. Il me confirme que non. Je n’ai pas beaucoup dormi encore une fois. Il me reste encore plus de 4h de voyage et les longs arrêts du train en gare pour prendre de nouveaux passagers ne m’aident pas à finir ma nuit. Quai de gare à Varsovie

J’arrive enfin à Varsovie. Dès la descente du train, je me rends compte que je suis vraiment passé à l’Est. L’Allemagne et Berlin sont finalement très proches de ce que nous connaissons en France. Mais là, le quai de gare oppressant, en sous sol, avec ses immenses pilonnes noirs et son éclairage au néon me plonge dans une atmosphère étrange, inconnue. Le plus déroutant vient surement de ces nombreux panneaux remplis de mots incompréhensibles et comptant un nombre incalculable d’accents, de k, de w, de y et de z. Autant éviter de faire un Scrabble avec un polonais, c’est perdu d’avance. Même en posant wagon sur mot compte triple…

Je sors de la gare, et tente de m’orienter comme je peux. J’ai réservé une chambre dans une auberge de jeunesse. D’après le plan que j’ai recopié sur mon carnet, j’estime mettre une demi heure à pied pour m’y rendre… J’ai juste oublié de m’attarder sur un fichu détails : l’échelle ! Erreur de débutant, j’avoue. Les rues que j’ai dessiné ne sont en fait que les artères principales et je suis encore incapable de déchiffrer les lignes de bus et de tramway. Personne n’a l’air de parler anglais et encore moins français. Rien n’est traduit. Je me résigne à faire le chemin à pied. Cette longue ballade me confirme que l’empreinte soviétique est encore très présente dans le paysage urbain. Après plus de 2h de marche et quelques détours, j’arrive enfin à destination. Lire la suite / Read more…