Retour sur la Chine

Après une petite quinzaine en France et un retour de plein fouet dans la tradition catholique avec un enterrement, un mariage et un “p’tit baptême” (nous l’appellerons ainsi pour diverses raisons trop longues à expliquer ici), je reprendrai déjà la direction de Londres en train, bus et bateau pour y passer une demi-journée et y prendre ensuite un avion pour Beijing (Pékin).

Il serait trop long de résumer ces quelques quarante cinq jours en Chine au jour le jour, comme je l’ai (quasiment) fait jusqu’à maintenant pour l’Europe. J’ai donc décidé de reprendre en quelques points ce qui m’a le plus marqué pendant ce séjour. Liste non exhaustive malheureusement !

  • Y’a du monde !

C’est un peu bête à dire, mais à mon arrivée en Chine, j’ai tout de suite eu confirmation que j’avais changé de continent. Oubliez les cheveux et les yeux clairs, ici vous ne verrez que des chinois ! Et même si bien entendu je m’y attendais, ça surprend un peu… Combien sont-ils ? Impossible de les compter ! Une chose est sûre, c’est qu’ils sont nombreux, très très nombreux.

  • Chauffards ???

Tout ce petit monde à besoin de se déplacer. A pieds mais aussi en vélos, en scooters, en bus ou en voitures : les rues sont bondées. En arrivant, on a l’impression qu’il n’y a pas de règles de circulation ou qu’en tout cas, elles sont biens loin de celles que l’on connaît. Rien que pour traverser la route, il faut quelques minutes pour comprendre comment ça marche. En fait, c’est simple, il faut y aller tout doucement, voie par voie, avoir le cœur bien accroché et surtout les yeux partout : ça peut venir de tous les côtés. Si une voiture par exemple veut tourner à gauche dans un carrefour, elle ne s’arrêtera pas pour laisser passer les autres véhicules qui arrivent. Elle coupera simplement le virage pour rouler à contre-sens en se serrant au maximum à gauche, jusqu’à ce qu’elle trouve une brèche pour s’insérer sur sa propre voie. En dehors des villes, la circulation est tout aussi surprenante. Et si le chauffeur de bus dans lequel vous êtes tranquillement installé déboîte en plein virage ou au moment où une voiture, un bus ou un camion arrive en face, pas besoin de l’insulter de chauffard ou de paniquer. Il trouvera (normalement) la place de passer. Tout se passe en douceur et à l’aide du klaxon, un peu comme pour dire “Serrez-vous, j’arrive !”. La situation la plus délicate que j’ai vécu fut sûrement lorsque le chauffeur du mini-bus dans lequel je me trouvais décida de doubler un scooter, qui lui-même doublait un camion alors qu’arrivait en face un autre poids lourd. Tout ça sur une route à deux voies. Dans un concert de klaxons mais sans un geste d’agressivité, tout le monde est passé même si nous avons touché le chargement de la moto (qui dépassait d’au moins cinquante centimètres de chaque côté). Le pilote a fait quelques zig-zag avant de stabiliser son engin et tout le monde a continué sa route, comme si de rien n’était. Ils sont sereins ces chinois ! D’ailleurs, pour éviter la panique, la route leur est réservée. Interdiction de conduire à tous les étrangers, et c’est surement pas plus mal…

  • Les villes chinoises : de grands villages

Avec une concentration d’habitants au mètre carré souvent énorme, les villes chinoises restent cependant de grands villages. Que ça soit à Beijing et ses presque quinze millions d’habitants ou dans des villes plus petites comme Xi’an (presque trois millions et demi d’habitants tout de même et seulement quinzième ville chinoises en terme de population !), les soirs et week-ends sont toujours des occasions pour se retrouver, discuter, échanger, chanter, danser ou jouer. L’ambiance est incroyable et inimaginable en Europe, ou tout du moins en France. Les parcs sont bondés et des groupes se forment un peu partout selon ce que chacun souhaite faire. Même la journée en semaine, les gens s’installent dans la rue pour jouer au Xiangqi (échecs chinois), aux dominos, aux petits chevaux…

  • Curiosité et bonne humeur

Le tourisme en Chine est plutôt bien développé mais il ne concerne principalement que les chinois (qui se déplacent quasiment qu’en groupe : vive le tourisme de masse !). Alors quand vous êtes un petit occidental tout blanc-blanc (spéciale dédicace à ma maman, elle comprendra !), on vous regarde un peu avec insistance. Beaucoup veulent vous prendre en photo. Pour cela, différente technique. Soit ils seront trop timides et tenteront de vous choper au vol ou parfois feront minent d’envoyer un texto avec leur téléphone portable en vous visant jusqu’à prendre une photo. D’autres, plus “courageux” et pas moins nombreux, viendront simplement vous demander s’ils peuvent poser à côté de vous. Expérience assez rigolote, surtout quand à Xi’an par exemple, en me promenant sur les remparts de la ville, j’ai fait la connaissance de trois groupes d’étudiants différents en moins d’une demi-heure. Idem en me promenant dans les montagnes d’Huangshan où j’ai rencontré Rapheal et ses amis avec qui je passerai une grande partie de ma journée, ou lorsque je croiserai une horde de jeunes ados chinoises avec qui je poserai avec chacune leur tour. De quoi se prendre quelques minutes pour une star (du FC Sochaux se baladant dans les rues de Montbéliard. Rien de comparable avec l’arrivée de Brad Pitt sur la Croisette pendant le festival de Cannes quand même !)

  • Wǒ shì Mathieu. Wǒ shì fà guó (Je m’appelle Mathieu. Je suis français)

Les jeunes générations parlent de plus en plus anglais ce qui facilite la communication. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Il faut donc souvent être très patient pour arriver à se faire comprendre et surtout ne pas oublier de demander au personnel de votre auberge de vous noter sur un papier en caractère chinois l’endroit où vous avez l’intention de vous rendre. Mais même s’il est parfois un peu difficile de communiquer, tout le monde comprend toujours ce qu’un sourire veut dire. Alors lorsque vous répondez par un jolie “Ni hao” (“bonjour” en chinois) à un “hello” fièrement lancé par un chinois croisé au hasard d’une rue, alors vous êtes sur de rendre euphorique toutes les personnes présentes !

  • Ça va vite, ça va vite, ça va trop vite…

Ce n’est un secret pour personne, la Chine connaît une effervescence économique incroyable depuis plusieurs années. Et il n’est pas compliqué d’en avoir confirmation. De tous les côtés, de nouvelles routes voient le jour, des ponts sont construis, des maisons et des immeubles poussent comme des champignons. Sur les chantiers, il y a toujours du monde qui travaille, même la nuit. A croire que ça ne s’arrête jamais. Avec cette population immense, le gouvernement redouble d’effort pour arriver à occuper tout le monde. Tous les emplois possibles sont donc crées. Il y a par exemple un contrôleur dans chaque bus de ville, et encore plus surprenant, un dans chaque wagon de train. Dans les grandes métropoles, des personnes nettoient en permanence les rues, les métros. On ne compte plus les agents de sécurité en uniforme également (mais qui ont l’air de s’ennuyer pas mal), etc. Sur les routes, en observant le chargement des camions, on s’aperçoit rapidement que la majorité d’entre eux transportent briques, tuiles ou autres matériaux de construction. Malheureusement, ce développement extraordinaire n’a pas que des effets positifs. La consommation du charbon, qui couvre plus de 70% des besoins énergétique chinois, ne cesse d’augmenter. Là encore, le chargement des camions en témoigne. Malgré des efforts (apparemment aléatoires) pour développer les énergies vertes (la Chine s’est hissée au troisième rang mondial en terme de production d’énergie éolienne fin 2009), les villes sont encore bien souvent recouvertes d’un épais nuages de pollution… Et cette expansion si rapide en laisse aussi quelques uns sur la touche et on voit parfois certains littérallement craquer en pleine rue (sans vraiment comprendre ce qui se passe).

  • Chine des villes, Chine des campagnes

Quand vous comparez des mégalopoles comme Shanghai ou Hong Kong à de minuscules villages comme Likeng ou ceux autour de Tunxi, le contraste est immense ! Tandis que certains vivent dans un monde où l’électricité est consommée sans compter à grand coup de néons et de climatisations, d’autres s’éclairent toujours à la bougie, vivent dans des maisons dont le sol est en terre battue et n’ont pas toujours accès à l’eau courante. Il y a donc vraiment une Chine a deux vitesses où tout le monde n’a pas eu la chance de pouvoir sauter dans le wagon du développement économique.

  • A chacun son Bouddha !

Après l’Europe, la Chine fut aussi l’occasion de plonger de plein fouet dans de nouvelles religions. Taoïsme et Bouddhisme étant les deux plus présentes. Après les églises et les mosquées place aux temples et à l’encens. Et mon séjour à Wutai Shan, l’une des cinq montagnes sacrées chinoises, était le meilleur endroit pour prendre la mesure de la richesse de cette culture polythéiste. Il sera aussi l’occasion de faire la rencontre de plusieurs moines, dont l’un d’entre eux, comme pour vérifier que j’étais bien réel, me regardera longuement en me tenant par le bras plusieurs minutes. Inoubliable ! J’aurais souhaitez par la suite rejoindre le Tibet et visiter le Palais du Potala, l’ancienne résidence d’hiver des Dalaï-Lamas, mais à l’approche du 60e anniversaire de la République Populaire de Chine, l’accès à cette région quelques peu contestataire y était tout simplement interdit (non officiellement) à tous les étrangers…

  • Contrôle de l’information…

En arrivant un Chine, ma première surprise fut de voir que l’accès à mon blog était impossible. Après quelques recherches internet, j’ai eu confirmation que tous les blogs basés sur la plate-forme que j’utilise était tout simplement censuré. Le risque contestataire que présente ce genre de site internet étant trop important et difficile à contrôler, le gouvernement à simplement décidé d’en interdire tout accès. Mais il en est de même pour de nombreux sites comme la majorité des sites de partage de vidéos genre dailymotion ou youtube ou encore les sites dit de “réseau sociale” comme (mon cher !) Facebook ! L’accès à l’information est également très contrôlé et les différentes chaînes de la CCTV, la chaîne gouvernementale, diffusent toutes le même journal où l’information à l’air d’être sélectionner avec une précision chirurgicale.

  • … et propagande chinoise

Le 60e anniversaire de la République Populaire de Chine fut le meilleur moyen de prendre la mesure de l’impact du gouvernement sur la population. Le 1er octobre, jour de la commémoration de l’anniversaire, (presque) tous les chinois ont passé leur matinée devant leur télévision. Tous avaient les yeux tournés sur l’impressionnante démonstration de force faite au monde avec le défilé militaire se déroulant sur la place Tian’anmen de Beijing et les discours qui l’accompagnait. Pour l’occasion, le cœur de la capitale avait été totalement bouclé et les habitants du quartier évacués pour ne laisser l’accès qu’aux forces armées et aux 40000 invités triés sur  le volet. Le soir, les festivités sur Beijing ont continué avec un show digne d’une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques avec chanteurs, danseurs par milliers et feux d’artifices plus qu’impressionnant ! Déjà une dizaine de jour auparavant, alors que j’étais toujours sur Beijing, l’accès à la place Tian’anmen avait été totalement bouclée. J’ai cependant eu la chance de croiser des milliers de jeunes écoliers/étudiants, tous en uniformes colorés, se préparer dans une discipline militaire à la répétition générale du show.

  • A table !

Pour finir, il serait difficile de ne pas parler de la cuisine chinoise. Au départ un peu retissant à manger dans les restaurants de rue, je me suis vite aperçu que c’était le meilleur endroit pour goûter à toutes les spécialités : du canard laqué au raviolis de crabe en passant par les tranches de porcs épicées ou les pousses de bambous. Tout cela accompagné généralement d’un bol de riz ou de nouilles chinoises, et bien sur de deux baguettes et d’une cuillère… A chaque fois un délice (et pour ceux que ça intéresse, je n’ai jamais été malade) ! J’aurais souhaité manger du chien mais pour goûter ce plat de fête assez onéreux, je voulais être accompagné d’un(e) chinois(e) qui puisse me recommander un endroit “sûr”, mais je n’en ai pas eu l’occasion. Pour ce genre d’expérience, je préférais tout de même jouer la sécurité ! Bonne appétit bien sûr…


You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed.
You can leave a response, or create a trackback from your own site.

8 Responses to “Retour sur la Chine”


  • Comment from Mat

    Je retiendrai “ils sont sereins ces chinois”(très très bonne expression), “le gouvernement redouble d’effort pour arriver à occuper tout le monde” (mais il se passe quoi en France??), “on voit parfois certains littérallement craquer en pleine rue” ( et dans le métro t´en as vu aussi??).
    Merci pour ces anecdotes très joliement contées. J´espère qu´on pourra faire une soirée diapo et vin chaud à ton retour.
    Bon vent l´artiste !!!

  • Comment from Geve

    Continue Mat, toutes ces anecdotes nous font vivre ton voyage, c’est super sympa. Bientôt nous serons avec toi en Inde. nous n’avons plus guère de retard. Bises. Mam

  • Comment from Lionel

    Certaines mauvaises langues disent que tu es arrivé à pied par la Chine… Est ce que tu peux faire taire ces rumeurs en éclaircissant la question?

  • Comment from tonton roland

    Ce que j’ai adoré dans cette histoire c’est que tu es allé en Chine pour te rendre compte que, làbas, il y avait des…. chinois, et également de chinoises !!!
    Tout le monde, ici, aurait pu te le dire!
    Non Math. je ne suis pas com…plètement idiot Je comprends que c’est cette foule et cet écart de civilisation que tu veux ainsi mettre en évidence. D’ailleurs, comme d’hab, tu t’en tires très bien. C’est toujours un plaisir de te suivre.
    Méfies toi, en Inde c’est plein d’indiens, et là encore, je suppose que le choc des civilisations doir être brutal.
    Bon, j’ai écrit assez de bêtises, Bonne Année Mathieu et………Bon voyage

  • Comment from Marie

    Un régal comme à chaque fois de te lire….
    Bon vent Mat

    En esperant que ton expérience d’être dans le monde d’Eun mee ne t’a pas trop perturbé….

    A tres bientot

    Marie et Pierre

  • Comment from Francis

    Salut Mathieu c’est juste pour te dire que j’étudie la chine en Géo et que tes photo son mieux que celle du livre.

    A++

  • Comment from Lionel

    Je pense que ce que viens de dire Francis est le meilleur commentaire qu’ait pu avoir ce blog. J’adore!! (malgré les quelques fautes d’orthographe…).

  • Comment from Gaby et Christine

    Salut Mat
    Des photos sublimes, tes commentaires te suivent d’une façon géniale – Petit rappel tout de même, Pierre Perret, dans une de ses chansons (dont j’ai oublié le titre) nous avertissait déjà en nous précisant :”C’est comment la chine? c’est plein de chinois…”ainsi va le monde…
    N’empêche que c’est magnifique, et, comme tu l’expliques si bien, im-pré-ssio-nant!!!
    Bon voyage, à bientôt on pense à toi – Bisous – Gaby Kiki Aude Jean-Ba Francis


Leave a Reply

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>