La folie d’Istanbul !

IstanbulNous sommes donc partis avec Allan de Varna le soir du vendredi 24 juillet pour Istanbul. Nous avons fait la connaissance dans le bus de deux hollandais et d’un bulgare. Ce dernier nous a pas mal aidé au passage de la frontière. Nous n’avions besoin que de faire tamponner nos passeports mais l’organisation locale est un peu complexe. Allemand et Français n’ont pas besoin de visas, mais les hollandais payeront 15€ pour pouvoir entrer sur le territoire turc. Après avoir obtenu ce fameux tampon et s’être fait contrôler nos passeports à plusieurs reprises par les différents douaniers, nous continuerons donc notre route tranquillement.

Nous arriverons finalement à Istanbul vers six heures du matin dans une auto-gare plus qu’impressionnante. Elles comptent plus de 300 compagnies de bus et 15 000 arrivées et départs de bus par jour ! Une vrai ville dans la ville. L’auto-gare est excentrée du centre d’Istanbul et pour en sortir, nous suivrons encore les conseils de notre ami bulgare. Nous demanderons donc au personnel du site où trouver les navettes gratuites. Là, une personne nous fait signe de le suivre. Il s’approche d’un mini-bus, regarde à travers les vitres et toque au carreau. La tête du chauffeur apparaît. Il était en train de dormir sur la banquette. Quelques échanges en turc et le chauffeur nous fait signe de monter. Un peu surpris, nous nous demandons s’il a bien compris où nous souhaitons aller. Mais oui. Nous serons que deux dans le mini-bus mais nous nous ferons amener gratuitement dans le quartier de Sultanahmet : le quartier de la Mosquée Bleue, de l’église Sainte Sophie, du grand bazar mais aussi celui de mon auberge. Allan, ne sachant pas à l’origine que nous ferions la route ensemble, avait réservé une chambre à Taksim, un autre quartier de la ville de l’autre côté du Bosphore. Celui connue pour sa vie nocturne…

Après un rapide aller-retour dans son quartier, je suis revenu à mon auberge pour profiter du petit déjeuner et faire une petite sieste. Le petit-déj’ est vraiment énormissime ! Je suis en quelques sorte dans une auberge quatre étoiles. Du jamais vu jusqu’ici. Au quatrième étage de l’immeuble, intégralement refait à neuf et climatisé, se trouve une immense terrasse, avec vue sur le Bosphore. Là, plusieurs personnes s’affairent pour vous servir café, thé, céréales, fruits frais, œufs, fromage ou encore charcuterie. Et tout ça pour 11€ la nuit ! Bien installé, je me régale et profite de la fraîcheur matinale. Je fais rapidement la connaissance d’un californien. La conversation s’enchaîne normalement. “T’es arrivé quand ? T’es là pour combien de temps ? T’étais où avant ? Tu vas où après ?” Comme d’habitude, j’ai toujours un petit sourire en coin quand j’annonce que je voyage pendant quinze mois. On me fait souvent répéter. “Combien ? Quinze mois…”

Mais soudain, c’est le drame. Mon appareil photo, qui était dans ma poche de bermuda, glisse et se fait la malle. Il se fracasse par terre. Aucun impact visible mais il ne répond plus à mes sollicitations. Au bout de quelques minutes à essayer de le réanimer, j’abdique et le déclare cliniquement mort. Et merde ! Je n’aurai eu le temps depuis mon arrivée à Istanbul de faire que quelques photos de la Mosquée Bleue et de la terrasse de l’auberge. Pas plus. Il est encore sous garantie mais chaque fois que j’ai essayé de l’amener quelques part pour le faire réparer, que ce soit en Turquie ou ailleurs par la suite, c’est toujours les mêmes réponses. Soit ils ne peuvent rien faire pour moi, soit ils me demandent au moins une semaine pour l’expertiser plus encore je ne sais combien pour le réparer. Mais moi, dans trois jours, je serai déjà loin ! Je ne peux même pas compter sur les photos d’Allan puisqu’il n’a pas de numérique, mais un appareil argentique qui prend des photos en stéréoscopie.

Après cette petite catastrophe qui ne reste que matériel, j’ai quand même bien profité de mes quelques jours à Istanbul. J’adore cette ville ! Je ne sais pas vraiment dire pourquoi. Il y règne une atmosphère géniale. Si proche et si différente des villes européennes. Les mosquées remplacent les églises. Les bateaux remplacent les métros. Les doners et chariots de maïs grillés remplacent les Mc Do. Le bazar remplace les Carrefour ou autres supermarchés. La ville est immense et grouille de tous les côtés. Istanbul est vivante !

La vie de nuit est extraordinaire aussi. Dans le quartier de Taksim, elle ne s’arrête jamais. Les bars sont sur plusieurs étages et on y serre Efes et Raki sans cesse. Au rez-de-chaussée, on y écoute souvent de la musique live. Là, tout le monde chante, danse, tape dans ses mains, rigole. Sur les toits, de grandes terrasses accueillent les boîtes de nuits qui vous amènent jusqu’à l’aube au son des musiques locales. En rentrant au petit matin, plus de musique mais des chants. Ceux des muezzins qui lancent depuis leur minaret les premiers appels à la prière et qui rythmeront ensuite la journée.

Nous ferons avec Allan une sortie en bateau de plusieurs heures sur le Bosphore pour rejoindre l’embouchure de la Mer Noire. Le voyage retour sera l’occasion de faire une sieste, de récupérer de la nuit précédente et de se préparer à la suivante. J’entrerai aussi pour la première fois dans une mosquée : la Mosquée Bleue. Un édifice immense, concurrent architecturale direct de l’église Sainte Sophie qui lui fait face, et qui à la particularité de compter six minarets, un seul de moins que la mosquée de la Mecque.

Au cours du séjour, la communauté germanophone s’agrandira avec la rencontre de Migo, Katharina et Sofia. Trois frères et sœurs en ballade. Nous irons ensemble faire nos premiers pas en Asie, en traversant en quelques minutes le Bosphore. Nous pendrons le temps d’y apprécier un thé face à la Tour de Léandre. Pierre et Manu, deux parisiens d’adoption voyageant en moto, viendront m’épauler pour équilibrer les débats franco-germaniques lors d’une soirée narguilé, aux côtés d’américains et autres canadiens.

Mon séjour en Turquie n’aura durée que quatre jours et trois nuits et j’aurai longuement cherché à le prolonger en voulant rejoindre Izmir puis Lésvos et enfin Athènes par bateau. Mais mon passage à Istanbul correspondait exactement à la moitié de mon voyage Européen. Il fallait que je me fasse une raison et que je remonte maintenant sans perdre de temps en direction de la France si je voulais voir tout ce que j’avais prévu de voir avant de repartir pour l’Asie. Je prendrai donc à nouveau la direction de la Bulgarie pour m’arrêter cette fois à Sofia. Ce voyage de plus de quatorze heure se fera comme souvent de nuit, accompagné d’australiens et de français. Le passage de frontière sera là encore une épopée puisqu’il durera plus de deux heures, entre 3h et 5h du matin. Descente du train et traversée des voies pour tout le monde dans un premier temps pour aller faire tamponner son passeport dans le bureau de douane un peu plus loin. Puis contrôles multiples à bords, avec à chaque fois, le douanier qui ouvre avec fracas la porte du wagon-couchette, allume la lumière et vous demande : “Passeport” alors que vous pensiez enfin pouvoir vous endormir tranquillement !


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One Response to “La folie d’Istanbul !”


  • Comment from Pierre-Alain

    Bon Mat, je t’avais dis que c’étais une ville de dingue!!!

    J’aimerai bien que tu m’écoute un peu quand je te parle :))

    bon courage pour la suite…

    A bientôt


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