Krakow sous la pluie

CIMG0428Krakow est l’ancienne capitale de Pologne et est encore considérée par beaucoup comme la plus belle ville du pays. Et c’est bien légitime ! Ici, pas de buildings imposant au cœur de la ville mais une immense place médiévale de 200 m par 200 m de côtés. La plus grande d’Europe. En son centre siège “Sukiennice”, ancienne halle aux draps reconvertie aujourd’hui en halle commerçante. Celle-ci est entourée de l’Église Notre Dame (ou Basilique Sainte Marie), de l’Église St Adalbert (et non Aldebert, attention) et de la Tour de l’Hôtel de Ville. Les pourtours de la place sont bordés de commerces et de terrasses de bars et  restaurants surmontés d’appartements. Plus loin, dans un dédale de petites ruelles, des églises, bien sur,  et un château qui domine la Vistule, la rivière locale.

Mon auberge de jeunesse se trouve dans l’une des petites ruelles, à à peine dix minutes à pieds de la gare. J’ai pris mes précautions et ne me ferai pas avoir une seconde fois. Une jolie  polonaise m’y accueille dans un français presque parfait. “Bonjour, ça va bien ? Est-ce que tu viens à Krakow pour le concert de samedi ?” Le concert de samedi ? Euh non pas vraiment mais c’est plutôt une bonne nouvelle. Lenny Kravitz donne un concert gratuit, dans le cadre d’un festival, sur les bords de la Vistule. Ça méritera surement d’aller y jeter un œil.

Le seul petit bémol de mon récit jusqu’ici idyllique, c’est qu’il pleut. Il pleut en fait depuis mon départ de Varsovie. Il pleut sans interruption. Il pleut encore et toujours. Il pleut tout simplement.

Ce temps de chien ne m’invite pas à sortir. J’en profite donc pour faire les choses que je n’ai pas pris le temps de faire dernièrement : mettre à jour le blog et faire une lessive. La pluie n’a pas l’air de vouloir s’arrêter, et je n’ai pas l’air de vouloir rester enfermé dans ma chambre. Je m’équipe donc en conséquence et pars l’affronter.

Je déambule, comme d’habitude, à la découverte de la ville, plans et infos touristiques récupérées à l’auberge de jeunesse en main. J’en profite pour faire deux-trois petites courses et rentre me cuisinier un repas digne d’un bon étudiant…

Nous sommes vendredi soir, veille de week-end. J’irais bien me jeter une petite mousse ! Je suis pour l’instant encore tout seul dans mon dortoir de huit personnes, mais la réceptionniste m’a dit qu’il y aurait beaucoup de monde ce week-end à cause du concert. Je n’attendrai pas leur arrivée pour  aller me désaltérer. Les bars sont légions dans le quartier. Je ne devrais pas mettre longtemps avant de m’installer.

Sur ma route, je croise un polonais qui me demande l’heure. Je lui explique que je ne comprends pas, que je ne parle pas polonais. Il me repose la même question mais en anglais, et me demande d’où je viens. France. Il parle aussi français. Son père habite là-bas, à Marseille plus précisément et il connaît Rennes aussi. Il m’invite à aller boire un verre. J’hésite un peu puis me dit que je  suis là pour rencontrer des locaux. C’est l’occasion ! Il s’appelle Christian et est étudiant dentiste. Il dit parler 7 langues : polonais, anglais, français, allemand, suédois, espagnol, italien et allemand ! Rien que ça ! C’est en tout cas vrai pour les trois premières. Il finit ses études dans 2 ans et espère pouvoir exercer en France ensuite. Il est sympathique mais un peu étrange. Il me remercie pour le verre. Ah, je crois comprendre que je paye cette tournée. Il me dit que sa copine est parti 4 jours chez ses parents et qu’il peut me faire visiter  la ville si je veux. Il a des tocs ou essaie de me faire des clins d’œil, je ne sais pas trop… Il me dit aussi que le concert n’est pas samedi, mais dimanche. Que veut-il vraiment ? Mon argent ? Mon appareil photo ? Ma montre ? Mes fesses ??? Ma vie ??? Je préfère m’éclipser, prétextant que je dois retourner à l’auberge récupérer quelques affaires pour la soirée.

Deuxième polonais que je croise, deuxième polonais pas très clair ! Rassure toi maman, tout va très bien. Ça fait parti du voyage !

Je rentre finalement me coucher assez tôt, un peu déçu, et il y a toujours personne dans ma chambre.

CIMG0483Le lendemain, la météo est invariable : précipitation et températures fraîches prévues toute la journée. Je fais donc une petite “grasse mat”, déjeune tard et pars finalement en direction du château. En milieu d’après-midi, une petite fringale me guette. Je m’arrête dans un restaurant histoire de goûter les spécialités polonaises. Je prendrai un(e) “zur”, une soupe locale histoire de me réchauffer un peu. Deux tranches de pains accompagnés de deux petits pots arrivent sur la table, pour me faire patienter. Dans l’un, du fromage à tartiner, genre tartare. Dans l’autre, je ne sais trop quoi. Une sorte de gelée… Pas mauvais. Arrive ensuite posée sur une assiette creuse, un peu comme un pain surprise, une petite miche de pain vidée de sa mie et dans laquelle on loge généralement des amuse-bouches. Étonné, j’attends un peu avant de l’ouvrir en pensant que la soupe va arriver. Elle est en fait devant moi. Le pain fait office de récipient. La soupe est excellente. C’est un bouillon avec des saucisses et des œufs ! Je me régale.

Je termine mon repas tranquillement et pars marcher un peu le long de la Vistule cette fois. Les derniers  tests de sons et de lumières sont en cours sur la scène face au château, bientôt prête à accueillir l’artiste. Déjà beaucoup de monde attend le concert, sous la pluie incessante.

Je retourne faire un saut dans ma chambre avant la soirée. Un couple de jeune suédois y a pausé bagages. Karine et Rasmus viennent de Stockholm, et voyagent en Europe pendant un mois. Ils sont ici pour quelques jours mais ne savent pas exactement combien de temps. La conversation s’engage facilement. Ils sont très sympathiques. Rasmus écoute beaucoup de musique aussi, et à un disque dur plein de mp3 tout comme moi… Nous comparons nos discothèques respectives et échangeons quelques fichiers (piratés…). Le temps passe vite et il est bientôt 22h, heure du concert. Rasmus n’est pas trop motivé mais nous nous décidons quand même d’aller y faire un tour. C’est à une dizaine de minutes à pieds. A peine arrivés, la musique commence. A croire que notre vieux pote Lenny nous attendait. Nous tentons d’approcher pour voir la scène mais c’est impossible. Il y a beaucoup trop de monde par rapport à la taille du site. Je me dresse sur la pointe des pieds, bras tendu au dessus de la foule pour tenter de prendre en photo la scène. C’est la seul image que j’aurai du concert…

Nous décidons alors d’aller boire un verre dans un pub. Nous tentons d’abord le Tower Pub, un pub en sous-sol qui semble pas mal de l’extérieur. A peine entrée, nous sommes vite étouffés par la fumée de cigarette dont nous n’avons plus l’habitude. Mais ça ne sera pas notre seule surprise. Nous sommes en fait dans un pub gothique où des métalleux tout habillés de noir font tournoiller leur longue chevelure sur des riffs de guitares inaudibles… Le sourire aux lèvres, nous nous regardons deux secondes et choisissons d’un commun accord de changer de bar. Nous nous rapprochons de l’auberge où nous trouverons des endroits plus “classiques”. Nous y viderons quelques pintes en discutant de sujet variés, notamment de Facebook, sur lequel Rasmus et moi partageons le même avis, et plus ou moins celui de George Orwell, “big brother is watching you”. Nous finirons par aller nous coucher, mais à moins de 5 euros les 3 pintes, difficile de ne pas prolonger ce bon moment…

CIMG0580Le lendemain, je décide d’aller explorer Kazimierz, le quartier juif de Cracovie et un peu plus loin le quartier Zablocie, où se trouve notamment l’usine Schindler, rendu célèbre par le film de Steven Spielberg. Il me restera alors un jour à Cracovie, et je n’aurai, comme d’habitude pas assez de temps pour tout voir. Je déciderai d’ailleurs de ne pas rester dans la ville, mais d’aller visiter un lieu à une soixantaine de kilomètres de là et qui n’a (heureusement) pas d’équivalent dans le monde : Auschwitz-Birkenau, avant de partir pour la République Tchèque et Ostrava, Prague et Brno.


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2 Responses to “Krakow sous la pluie”


  • Comment from Mat

    Moi je pense qu´il voulait tes fesses le polonais !

    Merci encore Mat de prendre le temps d´écrire tout ça.
    Je te souhaite encore Bcp Bcp de courage et un paquet de rencontres de gens normaux ou bizarres, peu importe.

    PS:les récepcionnistes en auberges de jeunesse c´est eux les vrais guides, surtout si elles sont belles, crois moi!

  • Comment from Cindy

    on verra bien si tu mets toujours des photos, et si tu publies toujours des articles, on saura ce qu’il voulait le polonais… et p-ê ce qu’il a eu… Non, Geneviève, vous inquiètez pas comme ça…


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