Carrément à l’Est

Il est 3h40 du matin. Les bip bip de ma montre me réveillent. Ce n’est pas pour moi, ni même pour une éventuelle polonaise qui dormirait à mes côtés. C’est pour Alan, le bagpacker chino-londonien allongé sur les sièges faces à moi. Nous sommes le 17 juin, dans l’un des compartiments de la ligne Berlin-Varsovie. Alan a un changement dans quelques minutes pour Gdansk, au Nord de la Pologne.

Il fait presque jour dehors. Y-a-il un décalage horaire ici ? Mal réveillé, j’interroge mon voisin avant qu’il ne descende. Il me confirme que non. Je n’ai pas beaucoup dormi encore une fois. Il me reste encore plus de 4h de voyage et les longs arrêts du train en gare pour prendre de nouveaux passagers ne m’aident pas à finir ma nuit. Quai de gare à Varsovie

J’arrive enfin à Varsovie. Dès la descente du train, je me rends compte que je suis vraiment passé à l’Est. L’Allemagne et Berlin sont finalement très proches de ce que nous connaissons en France. Mais là, le quai de gare oppressant, en sous sol, avec ses immenses pilonnes noirs et son éclairage au néon me plonge dans une atmosphère étrange, inconnue. Le plus déroutant vient surement de ces nombreux panneaux remplis de mots incompréhensibles et comptant un nombre incalculable d’accents, de k, de w, de y et de z. Autant éviter de faire un Scrabble avec un polonais, c’est perdu d’avance. Même en posant wagon sur mot compte triple…

Je sors de la gare, et tente de m’orienter comme je peux. J’ai réservé une chambre dans une auberge de jeunesse. D’après le plan que j’ai recopié sur mon carnet, j’estime mettre une demi heure à pied pour m’y rendre… J’ai juste oublié de m’attarder sur un fichu détails : l’échelle ! Erreur de débutant, j’avoue. Les rues que j’ai dessiné ne sont en fait que les artères principales et je suis encore incapable de déchiffrer les lignes de bus et de tramway. Personne n’a l’air de parler anglais et encore moins français. Rien n’est traduit. Je me résigne à faire le chemin à pied. Cette longue ballade me confirme que l’empreinte soviétique est encore très présente dans le paysage urbain. Après plus de 2h de marche et quelques détours, j’arrive enfin à destination. Lire la suite / Read more…